Sécheresse : voici les premières restrictions

À la fin du mois d’avril, nous observons déjà des premières restrictions d’usage de l’eau dans quelques départements.

Ainsi dans l’Indre, un arrêté entrant en vigueur ce 27 avril limite l’usage de l’eau dans plusieurs communes.

L’arrêté en question évoque une situation de crise.

Dans ce département, l’arrosage des plantes, le lavage des véhicules ou le remplissage des piscines privées sont désormais interdits.

La cartographie de la limitation d’usage de l’eau ne correspond pas à celle que l’imaginaire commun pourrait se figurer.

Car en effet, après l’Indre, c’est le département du Nord qui est concerné, le Puy-de-Dôme et la Creuse.

L’Isère, le département du Rhône et la métropole de Lyon, ont été placés en situation de vigilance ou d’alerte sécheresse.

L’Ain est quant à lui déjà en vigilance sécheresse depuis le 15 mars.

Ainsi ce ne sont pas les départements du Sud qui sont le plus impactés.

La question posée relève bien de l’usage de l’eau.

Les schémas d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) et toute la réflexion portée sur l’usage de l’eau, constituent plus que jamais un domaine de grande actualité.

C’est bien, dans les années qui viennent, cette ressource qui va être déterminante.

L’article L210 – 1 du code de l’environnement dispose que  » l’eau fait partie du patrimoine commun de la nation ». Il ajoute que « sa protection, sa mise en valeur et le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d’intérêt général. »

Nous pensons bien évidemment tout de suite à l’usage en eau potable pour les habitants des territoires, mais il ne faut pas négliger la nécessité pour les agriculteurs de disposer d’une ressource en eau stable et pérenne.

C’est à ce prix que les plantations se développent, et que sont nourris les habitants de ces mêmes territoires…

La réflexion, globale, doit être menée pour empêcher à l’avenir que des mesures de restriction soient prises aussi tôt dans la saison.

Si les précipitations n’interviennent pas rapidement sur le territoire métropolitain, nul doute que ces restrictions interviendront rapidement sur une part important de l’hexagone, avec les conséquences que l’on sait.

L’urgence d’une réflexion globale, menée sous l’autorité de l’État, avec le concours des collectivités territoriales, est évidente.

Il ne faut pas négliger en effet les derniers alinéas de ce même article L210 – 1 qui rappellent que l’usage de l’eau appartient à tous, chaque personne physique pour son alimentation et son hygiène ayant le droit d’accéder à l’eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous…

Thomas DROUINEAU
Ancien Bâtonnier
Avocat spécialiste en droit public