Logement outre-mer : un défi relevé par l’État et les collectivités

Les chiffres du logement insalubre en outre-mer sont significativement supérieurs à ceux que l’on observe en métropole.

Ce constat, opéré depuis plusieurs années, commandait une réaction qui vient d’avoir lieu.

Ainsi le 2 décembre n’est pas seulement la date de la victoire d’Austerlitz, mais aussi celle de la signature d’un plan ambitieux porté par le ministère de l’outre-mer, le ministère chargé de la ville et du logement, et les collectivités d’outre-mer.

De nombreux partenaires sont également présents dans ce plan logement outre-mer 2019-2022 qui rassemble ainsi l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, l’agence française de développement, la banque des territoires, la fédération des entreprises d’outre-mer, la fédération française du bâtiment…

C’est donc une véritable union nationale, une mobilisation qui est enfin réalisée pour l’outre-mer et son logement.

Il était temps oserais-je dire tant la situation s’avérait difficile en outre-mer au regard des problématiques soulevées par l’insalubrité des logements, la quasi impossibilité de les remettre en bon état, les problématiques d’urbanisme et d’aménagement.

De nombreuses mesures sont ainsi élaborées avec notamment une nouvelle politique d’accession sociale à la propriété.

Parmi celles-ci, il en est une qui est particulièrement originale puisqu’il s’agit du soutien à la création d’offices fonciers solidaires pour dissocier le foncier et le bâti.

C’est un moyen de lutter contre l’incidence portée par l’acquisition du foncier sur le coût final des logements.

Voici donc un moyen, qui fait d’ailleurs écho aux réflexions portées actuellement métropole pour développer le logement social, de distinguer la propriété du foncier des modalités de construction du bâti destiné à abriter les habitants.

Enfin, sur le plan financier, le plan d’investissement volontaire d’action logement prévoit 1,5 milliards d’euros fléchés sur le parc privé afin de poursuivre le développement du parc social, sa réhabilitation, sa remise aux normes.

L’outre-mer est enfin au cœur des problématiques de l’État, qui vient, tardivement mais de manière volontaire désormais, s’associer aux collectivités locales pour assurer un développement pérenne de ces territoires français.

C’est une action partenariale que l’État aurait le plus grand mérite à développer en métropole également pour associer pleinement les élus et agents locaux, les habitants du territoire, au développement de celui-ci.

Thomas Drouineau
DROUINEAU 1927
Ancien Bâtonnier
Avocat spécialiste en droit public