Le tourisme à la croisée des chemins

Parmi les rares compétences partagées par toutes les collectivités figure le tourisme.
De la commune à la région, chaque collectivité a la possibilité de développer son économie touristique.

La période que nous vivons oblige cette économie non délocalisable à vivre à l’arrêt.
Pour la relance de ce secteur d’activité, crucial pour les territoires, l’imagination sera de mise. Le tourisme vert, le tourisme d’affaires, toutes les formes de tourisme vont être à réinventer. Les Français partiront moins loin, peut-être moins longtemps, la proposition doit évoluer.

Plus que jamais, c’est dans une alliance public/privé que les territoires doivent se réinventer. La dichotomie entre la sphère publique et la sphère privée n’a pas lieu d’être sur ces sujets aussi importants. Toutes les activités économiques et commerciales sont concernées par le dynamisme touristique des territoires. Plus il est visité, plus le territoire est dynamique et attractif.

Cette économie vertueuse, ce cercle de développement, va devoir être réinventé.
Les outils contractuels ne manquent pas. Les modalités de financement non plus, qui font appel aux fonds privés comme aux fonds publics. La France bénéficie de la présence sur son territoire de nombreux professionnels très compétents.

Il va falloir réinventer une économie mêlant évidemment recherche de rentabilité, dans un cadre raisonnable car ce sont aussi les territoires qui doivent en vivre. Un capitalisme adapté à l’économie du tourisme est peut-être visible, qui mêlerait capitaux privés et capitaux publics, dans une ingénierie contractuelle issue des codes existants, code général des collectivités territoriales avec les autorisations d’occupation temporaire constitutives de droits réels ou les bau emphytéotiques administratifs (article L 1311-2 et suivants), et le code général de la propriété des personnes publiques.

C’est un cercle vertueux, qui permettra aux collectivités de valoriser leur patrimoine, et aux professionnels du tourisme de servir l’intérêt général et de se procurer une juste rétribution financière.

Tous les outils existent, dans la définition de la redevance, de la durée des occupations, de la définition de l’intérêt général, tout cela étant contenu dans le code général de la propriété des personnes publiques.

Non le tourisme n’est pas un service public, et il faut désormais bannir les concessions à ce sujet, le code de la commande publique servant les services publics là où il n’est question que de l’intérêt général.

Collectivités et professionnels, imaginons maintenant le futur de l’économie des territoires au service de l’intérêt général : le tourisme.

Thomas Drouineau
DROUINEAU 1927
Ancien Bâtonnier
Avocat spécialiste en droit public